Opinions Libres

La voix du peuple

43 vues

Merci, Monsieur le Premier ministre : et si ce refus de visas devenait un tournant historique ?

Partagez sur facebook

Merci, Monsieur le Premier ministre : et si ce refus de visas devenait un tournant historique ?

La décision du Premier ministre d’annuler le stage de l’équipe nationale féminine de basketball initialement prévu aux États-Unis, à la suite du refus de visas pour plusieurs joueuses, marque un acte fort. Non seulement elle affirme une position de souveraineté, mais elle ouvre surtout une porte vers une refondation indispensable de notre politique sportive et, plus largement, de notre manière de penser nos rapports au monde.

Depuis des années, nos disciplines sportives (football, basketball, athlétisme, entre autres ) ont pris l’habitude d’organiser leurs stages à l’étranger, souvent en Europe ou en Amérique du Nord. Ces déplacements, financés à grands frais par le contribuable ou des partenaires, sont souvent justifiés par la recherche de conditions de performance optimales. Mais à y regarder de plus près, les retours sur investissement sont minimes, et les résultats sportifs, peu probants. Au-delà des dépenses, ces stages nourrissent une illusion : celle que la réussite ne peut venir que de l’extérieur.

Or, il est temps de changer de logique. Le véritable développement sportif, comme toute forme de progrès, repose sur l’investissement local, la valorisation des ressources nationales, l’autonomie stratégique. Nous devons construire, entretenir et moderniser nos propres infrastructures, faire confiance à nos entraîneurs et à nos talents, et cesser de voir l’étranger comme le passage obligé de toute ambition.

Ce refus de visas n’est pas une humiliation. C’est une alerte. Une opportunité. L’occasion d’un recentrage salutaire. Il est plus que temps que le Sénégal (comme d’autres nations africaines ) cesse de dépendre de conditions extérieures pour réaliser son potentiel. Aucun pays ne s’est élevé en comptant sur la facilité ou sur les faveurs de puissances étrangères. Tous les peuples qui ont progressé ont dû faire des choix courageux, parfois impopulaires, mais nécessaires.

L’exemple de Cuba est parlant. Malgré un embargo économique sévère depuis plus de soixante ans, ce pays insulaire a su bâtir l’un des systèmes de santé publique les plus performants au monde. Grâce à la discipline, à la planification et à la confiance dans ses capacités internes, Cuba forme des milliers de médecins, innove en biotechnologie, et exporte même son expertise sanitaire à l’international. Ce n’est ni un miracle ni un hasard : c’est le fruit d’une stratégie de souveraineté assumée, née dans l’adversité.

Pourquoi ne pourrions-nous pas faire de même dans le sport, et dans bien d’autres secteurs ? Pourquoi continuer à exporter nos stages, nos talents, nos efforts, alors que nous avons la jeunesse, le climat, les espaces et les compétences pour créer ici les conditions du succès ?

Cette décision du gouvernement doit être bien plus qu’une réaction ponctuelle. Elle peut, et doit, incarner le début d’un virage. Faisons-en une politique. Mettons fin à la dépendance sportive extérieure. Dotons notre pays de centres d’excellence régionaux. Organisons nos préparations dans nos territoires, dans des environnements que nous maîtrisons, que nous adaptons et que nous faisons progresser. Ce n’est pas un repli, c’est une affirmation. Celle de notre capacité à prendre en main notre destin.

Ce que nous cherchons ailleurs existe déjà ici à condition d’y croire, d’y investir et de le faire fructifier. Cette fois, ne manquons pas le rendez-vous avec notre propre ambition.

À vous maintenant de transformer cet élan en politique durable. Le terrain de jeu n’est plus à l’étranger. Il est ici, chez nous.
PMD
OPINIONS LIBRES


Partagez sur facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *