Lettre ouverte au Pr Bassirou D FAYE, Président de la République du Sénégal
Monsieur le Président de la République,
Le 2 avril 2024, après votre prestation de serment, vous avez prononcé un discours mémorable,porteur d’espoirs et de promesses fortes
. Vous disiez alors :
« Ce grand peuple que nous sommes, au prix de vies perdues, de blessures irréversibles, de libertés confisquées, de carrières brisées, a démontré à maintes occasions et dans des moments critiques son attachement à la paix et aux valeurs républicaines. En m’adressant à ce jour à vous à ce jour, il me revient le douloureux souvenir des martyrs de la démocratie sénégalaise, des amputés, des blessés et des anciens prisonniers. Je garderai toujours à l’esprit les lourds sacrifices consentis afin de ne jamais vous décevoir… »
Ces mots étaient forts. Ils étaient justes hier, et le restent aujourd’hui. Mais ils ne suffisent pas à soulager les maux.
Deux ans ont passé. Et la réalité est là : vous semblez vous éloigner de cette trajectoire, comme si le système prenait le dessus. Pendant ce temps, les martyrs de la démocratie attendent toujours justice, tout comme leurs familles et les blessés.
Vous avez évoqué un État de droit. Or, un État de droit ne se proclame pas, il se démontre — par la vérité, par la justice et par le refus de l’impunité.
Deux ans suffisent pour engager des actions claires et assumer des responsabilités. Ce temps n’aurait jamais dû être celui de l’attente, encore moins celui du silence.
Alors la question demeure : qu’attendez-vous pour rendre justice ? Avez-vous oublié ces vies perdues, ces corps brisés, ces citoyens qui ont payé le prix fort pour que la démocratie tienne debout ?
Vous avez promis de ne jamais trahir ce peuple. Pourtant, aujourd’hui, le doute s’installe, faute d’actes à la hauteur des paroles. On ne construit pas une nation sur des promesses non tenues, ni une réconciliation sans vérité, ni un avenir en ignorant les sacrifices du passé. Le peuple du Sénégal a déjà trop souffert. De 1960 à 2024, il a vu des dirigeants promettre et décevoir. En vous choisissant, il a voulu rompre avec ce cycle et croire au changement. Il vous a fait confiance. Et cette confiance, vous n’avez pas le droit de la trahir. Aujourd’hui, il ne demande qu’une chose : la justice — sans délai.
Car sans justice, les hommages perdent leur sens. Et sans actes, les promesses deviennent des fautes.
L’histoire ne retient pas les discours.Elle retient ce que vous avez fait — ou refusé de faire. PMD, citoyen Indigné

