Opinions Libres

La voix du peuple

1 vues

Le peuple a déjà tranché : le référendum, c’était le 24 mars 2024

Partagez sur facebook

Le peuple a déjà tranché : le référendum, c’était le 24 mars 2024

Il est des moments où une nation parle avec une telle clarté qu’il devient inutile de lui reposer la même question. L’élection présidentielle de mars 2024 fait partie de ces moments.

À entendre certains, les réformes institutionnelles adoptées par l’Assemblée nationale devraient encore être soumises à référendum. Mais de quel référendum parle-t-on ? Celui-ci a déjà eu lieu. Il s’appelait la présidentielle de 2024.

Les Sénégalais n’ont pas seulement élu un président de la République. Ils ont choisi une rupture. Ils ont rejeté un modèle de gouvernance fondé sur la concentration des pouvoirs, la confusion entre l’État et le parti, les conflits d’intérêts et l’absence de reddition des comptes. Ils ont voté pour un projet politique qui promettait des institutions plus fortes, plus équilibrées et davantage au service de l’intérêt général.

Qui peut sérieusement soutenir que les réformes débattues depuis des années sont une surprise ? La fin du cumul des fonctions de ministre et de maire, un président de la République au-dessus des partis, une autorité électorale véritablement indépendante, l’instauration d’une Cour constitutionnelle, mieux adaptée aux exigences de l’État de droit et aux enjeux institutionnels contemporains, l’encadrement des pouvoirs présidentiels ou encore une plus grande responsabilité des gouvernants : toutes ces questions étaient au cœur du débat public bien avant 2024. Elles ont été expliquées, défendues, contestées, puis finalement validées dans les urnes.

Le peuple sénégalais savait parfaitement ce pour quoi il votait. En accordant sa confiance au projet porté par Bassirou Diomaye Faye, il a donné un mandat clair : traduire ces engagements en actes.

Dès lors, demander aujourd’hui un référendum sur ces mêmes réformes revient à faire comme si le verdict populaire n’avait jamais existé. C’est réduire l’élection présidentielle à un simple concours de personnalités, alors qu’elle fut avant tout l’expression d’un choix politique profond.

Il serait tout aussi injuste de minimiser le rôle de l’Assemblée nationale. Les députés ne sont pas de simples spectateurs de la vie institutionnelle. Ils incarnent la représentation nationale. Lorsqu’ils examinent et adoptent des réformes conformes aux engagements validés par le suffrage universel, ils ne confisquent pas la volonté populaire ; ils lui donnent une traduction législative.

Le débat démocratique est toujours légitime. Mais il ne doit pas devenir un prétexte pour retarder des réformes déjà approuvées par le peuple. La démocratie ne consiste pas à revoter indéfiniment jusqu’à obtenir une réponse différente. Elle consiste aussi à respecter le verdict des urnes.

Le véritable enjeu aujourd’hui n’est donc pas de savoir s’il faut consulter une nouvelle fois les Sénégalais. Ils l’ont déjà été. L’enjeu est désormais de respecter leur décision.

À moins de vouloir gagner du temps ou entretenir un débat sans fin, les réformes adoptées par l’Assemblée nationale doivent être promulguées dans les délais prévus par la loi. C’est la suite logique d’un mandat populaire clair. C’est aussi une exigence de cohérence démocratique.

Le référendum que certains réclament aujourd’hui a déjà eu lieu. En mars 2024, le peuple sénégalais a parlé. Il appartient désormais aux institutions de traduire cette volonté en réalité.

PMD


Partagez sur facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *