L’Assemblée nationale adopte la réforme de l’OFNAC : un nouvel élan contre la corruption
L’Assemblée nationale adopte la réforme de l’OFNAC : un nouvel élan contre la corruption
Dakar, 25 août 2025 — Après des débats intenses, l’Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi portant refonte de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Le texte, largement soutenu par la majorité, consacre la dissolution de l’ancien office pour installer une nouvelle institution, dotée de pouvoirs renforcés et d’un statut plus indépendant.
Un OFNAC « nouveau visage »
La réforme marque un tournant : l’OFNAC n’est plus un simple organe administratif, mais une autorité administrative indépendante avec autonomie financière et organisationnelle. Directement rattachée à la Présidence, l’institution affiche l’ambition de devenir un acteur central dans la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et les infractions assimilées.
Missions clarifiées
Le nouvel OFNAC se recentre exclusivement sur la prévention et la répression de la corruption. Les fonctions d’audit, de contrôle et de lutte contre la fraude fiscale ou douanière sont désormais confiées à la Cour des Comptes et à l’Inspection générale d’État. Une clarification jugée indispensable par plusieurs députés pour « éviter les chevauchements » qui nuisaient jusque-là à l’efficacité de l’organe.
Gouvernance et indépendance
La nouvelle institution sera pilotée par un collège de douze membres, désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés par décret pour un mandat unique de cinq ans, non renouvelable. Le président et le vice-président devront prêter serment devant la Cour d’appel de Dakar. Ce mécanisme vise à limiter l’ingérence politique et à renforcer la crédibilité de l’office.
Des pouvoirs élargis
Avec ce texte, l’OFNAC dispose désormais d’outils élargis : possibilité de s’autosaisir, accès aux informations couvertes par le secret bancaire ou professionnel, recours à des techniques d’enquête spéciales, et même gel ou saisie de biens suspects. Par ailleurs, l’institution aura l’obligation de publier chaque année un rapport d’activités et de rendre publiques les déclarations de patrimoine des responsables assujettis.
Une volonté de rupture
Pour le gouvernement, cette réforme « envoie un signal fort » : celui d’un État résolu à faire de la lutte contre la corruption une priorité nationale. Reste à savoir si le nouvel OFNAC saura répondre aux attentes, dans un pays où la transparence et la reddition de comptes sont devenues des exigences pressantes de la société civile.
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