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La voix du peuple

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Hier complices, aujourd’hui donneurs de leçons : quelle liberté ?

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Hier complices, aujourd’hui donneurs de leçons : quelle liberté ?

À tous ces défenseurs autoproclamés des droits de l’homme, à tous ceux qui brandissent la tolérance comme un étendard mais ne l’appliquent jamais réellement, rappelons-leur une vérité simple. Il n’y a pas si longtemps, pour ne pas dire deux ou trois ans, ce pays était dirigé par un homme : Macky Sall. Et que s’est-il passé sous son règne ? Par ses manœuvres politiques, il a semé l’instabilité et le chaos, causant la mort de plus de 80 Sénégalais. Des jeunes, des pères de famille, des enfants même, fauchés en pleine vie. Plus de 2000 personnes ont été emprisonnées arbitrairement, privées de liberté simplement pour avoir exprimé une opinion, manifesté ou critiqué le régime.

Pourtant, à cette époque, où étaient ces grands défenseurs de la liberté ? Où étaient ces voix tonitruantes qui se disent aujourd’hui prophètes de la démocratie et du droit ? Elles étaient silencieuses. Non seulement elles se taisaient, mais elles défendaient ce système. Elles se prosternaient devant Macky Sall, affirmaient qu’il n’y avait aucun prisonnier politique au Sénégal, que tout se passait dans le respect de la loi, et que la liberté s’exerçait avec responsabilité. Elles ont fermé les yeux sur l’injustice, accepté l’oppression et collaboré activement à l’écrasement des libertés publiques. Voilà la vérité.

Aujourd’hui, le contexte a changé. Certains sont interpellés, d’autres non. Et ceux qui sont interpellés sont jugés, parfois condamnés, mais aussi souvent libérés, dans des délais rapides, avec des peines qui n’ont rien à voir avec la dureté et la cruauté de l’ancien régime. Pourtant, malgré cette réalité, ils osent encore parler de dictature. Ils agitent le spectre d’une menace contre la liberté, alors que jamais la parole n’a été aussi libérée dans ce pays. Quelle hypocrisie !

Et d’ailleurs, où étaient-ils quand Ousmane Sonko a été barricadé chez lui pendant 55 jours, séquestré dans sa propre maison par les forces de sécurité, privé de tout contact avec l’extérieur, y compris ses médecins ? Où étaient-ils quand Bassirou Diomaye Faye, l’actuel président de la République, a été arrêté et emprisonné pendant presque une année entière, simplement pour un délit d’opinion, pour avoir exprimé son analyse de la situation politique du pays ? Est-ce qu’ils se sont rassemblés devant la police ou devant les tribunaux pour exiger sa libération ?

Où étaient-ils quand le journaliste Pape Alé Niang a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises pour avoir tout simplement fait son travail d’information ? Ont-ils organisé des sit-in devant la police ? Ont-ils tenu des vigiles devant les tribunaux pour défendre son droit à informer le peuple sénégalais ?

Et Thioro Mandela, cette journaliste qui, en plein état de grossesse avancée, a été emprisonnée malgré sa condition de santé fragile. Où étaient-ils ? Ont-ils fait un communiqué ? Ont-ils dénoncé cet acte inhumain et injustifiable ? Non. Ils se taisaient. Pire, certains justifiaient ces arrestations en disant que la loi devait s’appliquer. Voilà la réalité de ces donneurs de leçons.

Et les exemples ne manquent pas. Nous avons même assisté à des arrestations dites « préventives ». Des citoyens arrêtés avant même d’avoir posé un acte, simplement parce qu’on supposait qu’ils pourraient troubler l’ordre public. Voilà le Sénégal qu’ils défendaient hier. Voilà la démocratie qu’ils acceptaient sans broncher.

Aujourd’hui, ils se permettent d’accuser l’actuel régime de dérives dictatoriales, alors que la société civile n’est plus casée au Palais, les journalistes ne sont plus entretenus par l’État pour chanter ses louanges, et le chantage n’existe plus. Désormais, soit vous travaillez et vous gagnez dignement votre argent, soit vous ne travaillez pas et vous subissez la dure réalité comme tout le monde. Et c’est cela qui leur fait mal. Ils ne peuvent plus utiliser le peuple comme bouclier de leurs frustrations personnelles.

Parce que la vérité est simple : vouloir régler ses comptes, satisfaire son désir de vengeance, passer son temps à insulter et diffamer les institutions, n’a jamais été et ne sera jamais synonyme de liberté. Ces gens-là se sont toujours courbés devant Macky Sall. Ils ont accepté la prison pour leurs frères et sœurs sans broncher, sans élever la voix. Et maintenant, ils viennent donner des leçons au peuple, eux qui n’ont jamais connu ni pratiqué la démocratie.

Ils doivent savoir une chose : la véritable liberté s’exerce avec une seule condition – la responsabilité. Insulter, diffamer, menacer, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est la vérité, la dignité, le respect et la justice. Et tant qu’ils ne comprendront pas cela, ils resteront à jamais prisonniers de leur propre hypocrisie.

Pmd
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