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La voix du peuple

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Chronique : Le peuple, ce tremplin éternel

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Chronique : Le peuple, ce tremplin éternel

Chronique : Le peuple, ce tremplin éternel
Ah, le Sénégal !
Ce pays béni où le peuple sert de tremplin… mais ne saute jamais.
Les politiciens, eux, bondissent, grimpent, s’élèvent et une fois là-haut, ils oublient même qui leur a tenu l’échelle.
Le peuple, lui, regarde. Il souffre, il grogne un peu… puis il applaudit.
Toujours. Parce que, visiblement, au Sénégal, on peut tout faire au peuple sauf le réveiller.
Voilà donc Pastef, nouveau champion du pouvoir, qui nous annonce un grand meeting pour « mobiliser la base ».
Mobiliser ? Non, non. Il faut dire les choses clairement : c’est un concours de décibels, un défilé de fidélité, une foire politique où chacun vient crier plus fort que l’autre pour prouver qu’il existe encore.
Mais attention ! Chez nous, la morale dépend du drapeau qu’on agite.
Si Macky Sall avait organisé un meeting pareil en 2021, tout le monde aurait crié à la provocation, à la déconnexion, au gaspillage.
Mais quand c’est Sonko, c’est « normal ». C’est même « salutaire ».
On appelle ça le «patriotisme» :
nos principes changent au rythme des alliances et des postes ministériels.
Pendant ce temps, le pays souffre.
Les prix flambent, les factures explosent, les salaires fondent. Les entreprises ferment, les emplois disparaissent, la jeunesse s’exile.Mais le peuple… reste stoïque. Il encaisse. Il accepte. Mieux encore : il collabore !
Même si on lui ajoute 1 % sur chacune de ses transactions, il ne dit rien. Il paie déjà 18 % de TVA, mais il ne bronche pas. Non, il fait même l’effort. Il va jusqu’à aider le politicien véreux à boutonner son pantalon, tellement ce dernier a grossi gavé de privilèges, de fonds publics et de flatteries. Et le peuple, serviable, tient la lampe pendant qu’il ferme sa braguette.

Quelle loyauté ! Quelle dignité ! Quelle tragédie !
Ici, les politiciens grossissent, les promesses maigrissent, et le peuple, lui, jeûne sans bénédiction ni rupture. On parle de rupture, de transparence, de souveraineté, mais on continue les mêmes spectacles avec de nouveaux acteurs. Et que dire de ces citoyens ? Ces acrobates de la conscience ?
Toujours prêts à justifier l’injustifiable, à défendre l’indéfendable. Quand c’est leur camp, ils trouvent des mots nobles: « C’est pour le peuple ! »
Quand c’est l’autre, ils hurlent : « Scandale ! Gaspillage ! »
Mais au fond, ils sont pareils : prisonniers de leurs sympathies, incapables de dire la vérité même quand elle crève les yeux.
Oui, Sonko opposant n’aurait jamais toléré un meeting de ce genre en période de crise. Mais Sonko Premier ministre le comprend très bien, lui. Le pouvoir, voyez-vous, a des vertus digestives : il fait disparaître les colères, dilue les convictions et élargit la ceinture.
Et le peuple ? Toujours là. Toujours fidèle. Toujours docile. Il applaudit les mêmes visages, les mêmes promesses, les mêmes discours recyclés.
On lui prend son argent, sa voix, son espoir et il remercie encore. Alors oui, on le dit souvent : on a les dirigeants qu’on mérite.
Mais soyons honnêtes : à force de tout avaler sans protester, à force d’aider nos bourreaux à boutonner leur pantalon, à force de confondre fidélité et servitude… nous ne méritons plus seulement nos dirigeants. Nous méritons nos déceptions!
Et tant qu’on continuera à applaudir au lieu de demander des comptes, le peuple restera ce qu’il est aujourd’hui : le tremplin d’un cirque politique, où les clowns changent, mais le numéro reste le même.


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