Sénégal : Ousmane Sonko sort du silence et acte la rupture avec le pouvoir
Sénégal : Ousmane Sonko sort du silence et acte la rupture avec le pouvoir
Dakar, 2 juin 2026 — Moins de dix jours après son éviction surprise de la Primature, Ousmane Sonko a pris la parole publiquement, marquant un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise. Lors d’une déclaration de presse très attendue, le leader du parti PASTEF a non seulement brisé le silence, mais également adressé de vives critiques au sommet de l’État.
Face aux journalistes, Sonko a rejeté catégoriquement la version officielle d’une séparation « à l’amiable » avec le pouvoir exécutif. Il a évoqué un limogeage brutal, intervenu selon lui par simple message, dénonçant au passage un manque de considération institutionnelle.
L’ancien Premier ministre a également pointé du doigt des blocages internes, notamment sur la gestion des finances publiques, évoquant des entraves dans la reddition des comptes. Dans un ton ferme, il a refusé toute participation à ce qu’il a qualifié de « gouvernement vidé de ses prérogatives essentielles ».
Cette prise de position acte de fait une rupture profonde avec le président Bassirou Diomaye Faye, avec qui les relations semblent désormais irrémédiablement dégradées. Sonko a aussi rejeté toute idée de compromis politique visant à maintenir une cohésion de façade au sein de la majorité.
Sur le plan institutionnel, cette crise pourrait redéfinir les équilibres au sommet de l’État. En l’absence de consensus au sein de l’exécutif, le pays pourrait entrer dans une phase inédite de cohabitation politique, susceptible d’avoir des répercussions sur la stabilité gouvernementale et les réformes en cours.
La sortie médiatique de Sonko, aussi directe que stratégique, relance ainsi les débats sur la gouvernance et la transparence au Sénégal, tout en ouvrant une nouvelle séquence politique aux contours encore incertains.

