Une question me traverse aujourd’hui l’esprit : que penserait le Bassirou Diomaye Faye d’hier, secrétaire général du Pastef, du président qu’il est devenu ?
Une question me traverse aujourd’hui l’esprit : que penserait le Bassirou Diomaye Faye d’hier, secrétaire général du Pastef, du président qu’il est devenu ?
Avant d’accéder au pouvoir, il incarnait une rupture claire. Engagé et rigoureux, il portait un discours sans concession, dénonçant frontalement les dérives du système, notamment judiciaires, au nom de la justice, de la transparence et de la souveraineté. Il refusait les compromis avec ce qu’il considérait comme des contre-valeurs et promettait une transformation profonde. Ce Diomaye-là apparaissait constant, ferme et fidèle à ses principes.
Aujourd’hui, j’observe un décalage, et avec moi, des milliers de Sénégalais font le même constat. Sur la justice, sur certains choix politiques, sur les alliances, mais surtout sur la méthode, des interrogations émergent. L’organisation de concertations dans le contexte actuel cristallise ces doutes, là où beaucoup attendaient des décisions fortes, une clarification devant les institutions et une rupture nette avec les pratiques du passé, la fin du système comme promis.
Le malaise est moins technique que symbolique. Il naît du sentiment que l’homme de principes d’hier semble aujourd’hui composer avec ce qu’il dénonçait, que la rupture promise laisse place à des méthodes plus classiques, voire à ce même système, et que l’exigence d’hier s’efface devant les réalités du pouvoir.
Dès lors, la question devient inévitable. Le Diomaye d’hier aurait-il validé les choix du Diomaye président ? Pour moi, la réponse est non. J’estime que le secrétaire général du Pastef, que j’ai connu pour sa fermeté et son attachement aux principes, aurait été parmi les premiers à critiquer certaines orientations actuelles, y compris l’organisation de concertations dans ce contexte.
Ce décalage entre les valeurs incarnées hier et les décisions prises aujourd’hui alimente le doute et parfois la désillusion. Et au fond, c’est bien là que se joue désormais l’essentiel : la fidélité à la parole donnée.
Et si, au fond, le proverbe wolof disait vrai : « jikko outkat du jikko » ?

