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Un peu de sérieux : le vrai problème, c’est la compromission, pas les chroniqueurs

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Un peu de sérieux : le vrai problème, c’est la compromission, pas les chroniqueurs

Qu’on arrête de nous distraire avec ce faux débat sur les « chroniqueurs ». Ce n’est pas ça le problème. Ce n’est pas le titre qui fait la crédibilité. Appeler quelqu’un chroniqueur, animateur ou consultant ne lui donne ni carte de presse, ni privilège, ni reconnaissance officielle. Dans la réalité, ces gens sont souvent de simples prestataires, précaires, utilisés par des groupes de presse qui les jettent quand ils n’ont plus besoin d’eux.

Mais pendant qu’on perd du temps sur ces histoires de statut, les vrais sujets passent à la trappe : l’intégrité, la justice, la déontologie.

On veut sanctionner des écarts récents ? Très bien. Mais qu’on commence par dire la vérité : si la loi avait été appliquée dans toute sa rigueur depuis le début, on n’en serait pas là. Qu’on ne vienne pas nous parler aujourd’hui de comportements inacceptables quand, hier, on a libéré quelqu’un sous prétexte qu’il était « fou ».

Quand j’écoute certains journalistes, quand je lis certains articles, j’ai honte. Parce que si ces récentes dérives avaient été le fait de personnes considérées comme « proches de l’opposition », elles seraient déjà derrière les barreaux. Le deux poids, deux mesures, voilà le vrai scandale.

Regardez le cas d’Abdou Nger. Je n’ai rien contre lui, mais sa longue détention préventive devrait faire réfléchir tout le monde. Nous, qui avons dénoncé ces pratiques quand elles visaient Diomaye Faye, Fadilou, Nitdoff et tant d’autres, devons avoir le courage d’être cohérents. On ne demande pas de libérer les gens sans jugement, on demande qu’ils soient jugés. Pas punis avant même le procès.

Ces méthodes d’un autre âge doivent cesser. Et quand j’entends la ministre de la Justice parler du surpeuplement carcéral, j’aimerais qu’elle nous dise combien de prisonniers sont là juste parce qu’on a préféré les mettre en détention préventive plutôt que de les juger en flagrant délit. Envoyer les gens en prison pour les « corriger », c’est de la vengeance, pas de la justice.

À force de fermer les yeux, on finit par se perdre. Ce pays a besoin d’une réconciliation avec ses valeurs, pas d’une police de la parole.

Parce qu’à force d’éviter les vrais sujets, on finit par légitimer tout ce qu’on prétend combattre.

Le vrai débat, ce n’est pas « qui est chroniqueur ? », c’est qui reste intègre ?

Qui ose encore dire la vérité sans calcul, sans peur, sans chercher à plaire au pouvoir ni à se protéger d’un poste ? Parce qu’aujourd’hui, soyons honnêtes, la presse se divise entre deux pôles : presse pro-pouvoir et presse contre-pouvoir. Et tout le monde le sait.

Résultat : l’objectivité disparaît, le public ne croit plus en personne, et le journalisme devient une arme de propagande.

Un journaliste digne de ce nom ne tire pas sur les opposants pour applaudir le pouvoir. Il ne se couche pas devant ceux qu’il devrait interroger.

Et puis, soyons clairs : dire que quelqu’un n’est pas chroniqueur ne l’empêchera jamais d’être entendu. On l’a déjà vu, quand le régime de Macky Sall a voulu faire taire Serigne Saliou et Pape Alé en prétendant qu’ils n’étaient « pas journalistes ».

Est-ce que ça les a empêchés de parler ? Non. Ils ont continué, et leurs voix ont porté plus loin que bien des micros officiels.

Alors, demain, dire à quelqu’un « tu n’es pas chroniqueur » ne changera rien. Ce qui compte, c’est la vérité qu’il dit et le courage qu’il met à la dire.

Et pendant qu’on y est, où en est-on avec la régulation des médias ?

Un peu de sérieux!

La rédaction
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