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La Révolution ne doit pas manger ses enfants

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La Révolution ne doit pas manger ses enfants

L’Histoire nous l’enseigne : trop souvent, les révolutions finissent par dévorer ceux qui les ont portées. Ceux qui ont cru, qui se sont battus, qui ont pris des risques énormes, se retrouvent oubliés, marginalisés, parfois même méprisés, une fois le pouvoir conquis. C’est une erreur grave. Et c’est un piège qui menace à nouveau.

Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer des attitudes jugées arrogantes et déconnectées. Des militants expriment leur frustration, non pas parce qu’ils attendent des privilèges, mais parce qu’ils se sentent ignorés. Ceux qui ont cru en un projet, au prix de leur sécurité, parfois même de leur vie, méritent respect, considération et écoute. On ne peut pas les traiter comme de simples figurants.

Rappelons le contexte : il était deux fois plus facile de s’enrichir en soutenant l’ancien régime que de prendre le risque d’accompagner une opposition traquée. À cette époque, avoir une simple photo de Sonko suffisait pour finir en prison. Et pourtant, des milliers de militants ont tenu bon, sans rien attendre en retour. S’ils avaient voulu céder aux avantages, ils auraient accepté les offres du régime en place. Ils ont choisi le sacrifice.

Aujourd’hui, paradoxalement, certains responsables disent manquer de temps pour leurs militants, mais trouvent du temps pour ceux qui, hier encore, se disaient neutres. Des journalistes, des influenceurs, des notables qui ont toujours affirmé que la politique ne valait pas la peine, qui ont découragé au lieu d’encourager, deviennent soudainement des interlocuteurs privilégiés. Pendant ce temps, les vrais militants, ceux qui ont pris leurs responsabilités, sont relégués à l’arrière-plan. C’est incompréhensible.

Se couper de sa base, c’est perdre le lien vital qui a permis la victoire. L’arrogance des nouveaux titulaires de fonctions, persuadés d’être plus importants que les autres, est une erreur déjà commise par ceux qui les ont précédés. Et l’Histoire récente nous a montré à quelle vitesse les puissants d’hier, ministres et directeurs généraux redoutés, sont redevenus de simples citoyens. Le pouvoir est une responsabilité, pas un privilège.

La révolution n’appartient pas aux vainqueurs d’aujourd’hui. Elle appartient à ceux qui ont marché, qui ont résisté, qui ont sacrifié. Ne pas leur tendre l’oreille, c’est répéter les erreurs du passé. Et surtout, c’est prendre le risque que la désillusion devienne plus forte que l’espoir.

Une révolution qui mange ses enfants se condamne elle-même.
PMD


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