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Justice à deux vitesses : quand l’interrogation des magistrats se heurte aux faits

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Justice à deux vitesses : quand l’interrogation des magistrats se heurte aux faits

« Pourquoi un dossier politique serait-il plus important que celui d’un simple citoyen ? »
C’est par cette question que le président de l’Union des magistrats du Sénégal a récemment interpellé l’opinion. Une interrogation pertinente, qui renvoie à un principe essentiel : l’égalité de tous devant la loi.
Dans un État de droit, aucun dossier ne doit être traité différemment en fonction du statut, du rang social ou des ambitions de la personne concernée.
Pourtant, les faits récents soulèvent un malaise profond.

Des procédures politiques traitées à une vitesse inhabituelle

L’affaire de diffamation opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang a été instruite, jugée, confirmée en appel puis définitivement tranchée en à peine deux ans et quelques mois. Une rapidité exceptionnelle, conclue juste avant la présidentielle de 2024.

Et pour mesurer à quel point ce délai est inhabituel, il suffit de comparer avec une autre affaire… de même nature.
Au même moment, un dossier similaire, opposant le magistrat Souleymane Téliko au journaliste Madiambal Diagne, a connu un parcours nettement plus long :
cette procédure de diffamation a duré environ quatre ans et quatre mois (de juin 2021 à octobre 2025) avant d’être définitivement tranchée.
-Deux affaires de diffamation.
-Deux Sénégalais.
-Un même type de délit.
-Mais des vitesses de traitement incomparables.

Khalifa Sall, lui, a été arrêté en mars 2017 et condamné en mars 2018, un délai d’une rapidité rarissime pour une affaire de cette ampleur, juste avant la présidentielle de 2019.

Dans ces affaires emblématiques, un schéma se répète : la justice accélère lorsqu’un enjeu politique majeur se dessine.
Pendant que d’autres dossiers s’éternisent
À l’opposé, l’affaire Barthélémy Dias, ouverte en 2011, a attendu près de dix ans avant d’être examinée en appel.
Et ce n’est qu’au moment où l’intéressé annonçait sa candidature à la mairie de Dakar que la procédure a soudain été réactivée.

Comment expliquer qu’un même système judiciaire puisse aller si vite pour certains dossiers et si lentement pour d’autres, parfois plus anciens et moins complexes ?

Le manque d’effectifs, régulièrement invoqué, ne suffit manifestement pas à justifier ces écarts.
Chacun peut constater que la justice est célérate lorsqu’elle le décide, et que les lenteurs chroniques ne sont pas toujours des fatalités administratives, mais parfois des choix de priorisation.

Comme le dit la sagesse populaire, la mauvaise volonté s’habille toujours de faux prétextes.

Au final, Monsieur le Président de l’Union des magistrats du Sénégal, votre interrogation mérite d’être prolongée :
si aucun dossier politique ne doit être considéré comme plus important qu’un autre, comment interpréter les écarts flagrants de traitement observés entre ces différentes affaires ?

Les Sénégalais ne cherchent pas à polémiquer : ils constatent.
Et ces constats posent des questions essentielles à la crédibilité de notre justice.
Pourquoi certains dossiers avancent-ils à toute vitesse, jusqu’à une condamnation définitive en quelques mois ou quelques années, surtout lorsqu’une échéance politique approche ?
Pourquoi d’autres, pourtant antérieurs et parfois similaires, restent-ils bloqués pendant près d’une décennie ?
En tant que citoyen de ce pays, au nom du peuple au nom duquel la justice est rendue, j’attends des réponses.

PMD JUSTICIABLE SÉNÉGALAIS
ÉTERNEL INDIGNÉ
OPINIONS LIBRES


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