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Crise au Pastef : le “Bara Yegoo politique” peut-il mal tourner ? Analyse autour d’une métaphore politique signée Dr Ahmed Khalifa Niasse

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Crise au Pastef : le “Bara Yegoo politique” peut-il mal tourner ?

Analyse autour d’une métaphore politique signée Dr Ahmed Khalifa Niasse

Les propos récents de Dr Ahmed Khalifa Niasse concernant ce qu’il appelle le “Bara Yegoo politique” suscitent de vives réactions dans l’opinion publique. Partant des déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko au sujet d’un accord moral scellé au Cap Manuel avec le président Bassirou Diomaye Faye, Dr Niasse développe une métaphore religieuse et culturelle pour éclairer les tensions internes perceptibles au sein du Pastef.

Selon lui, cet accord — forgé dans la solidarité de la détention — devait régir la gestion du pouvoir entre les deux hommes. Une sorte de pacte tacite entre patriotes, pensé dans un contexte exceptionnel et aujourd’hui mis à l’épreuve par la réalité politique.

La métaphore du “mari liciteur” : un éclairage religieux sur une équation politique

Dr Ahmed Khalifa Niasse convoque la figure de al-muhallil, le “mari liciteur”, personnage juridique de la tradition islamique. Celui-ci, dans des circonstances précises, rend possible le retour d’une femme auprès de son premier époux après une triple répudiation.

Dans la lecture proposée par Dr Niasse, la “femme” métaphorique — appelée Absa — incarne ici le pouvoir, ou une responsabilité politique majeure.

Le président Diomaye Faye représente le “mari liciteur”, investi temporairement, supposé préparer la place pour Ousmane Sonko, décrit comme le “premier mari”.

Mais la parabole se renverse : le “liciteur”, une fois en fonction, ne souhaite plus divorcer d’Absa, s’acclimatant à son rôle et envisageant même d’enfanter symboliquement un projet ou un bilan politique à l’horizon 2029. En d’autres termes : le mandat présidentiel et ses ambitions deviennent pleinement siens.

Un dilemme au sommet de l’État

Derrière l’humour et l’allégorie, Dr Niasse soulève des questions fondamentales :

  • Le pacte passé entre Sonko et Diomaye était-il seulement moral ou devait-il structurer durablement leur gouvernance ?
  • Les obligations inhérentes à la présidence peuvent-elles supplanter des promesses faites dans l’adversité ?
  • Comment le Pastef préservera-t-il sa cohésion si les deux pôles de leadership évoluent selon des logiques distinctes ?

Le public sénégalais se retrouve ainsi face à un imbroglio mêlant loyauté, stratégie, ambition et interprétation des engagements passés.

“La montagne va-t-elle accoucher d’un éléphant ou d’une souris ?”

La conclusion de Dr Ahmed Khalifa Niasse laisse place à l’expectative.

L’allégorie de la “montagne grosse” dont on attend l’enfant — qu’il soit éléphant ou souris — traduit l’incertitude qui plane sur l’avenir politique immédiat du parti au pouvoir.

Pour l’instant, un seul verdict s’impose : qui vivra verra.

TEXTE INTÉGRAL DE DR AHMED KHALIFA NIASSE

(Reproduit fidèlement, comme demandé)

Crise au Pastef :

Le bara yegoo politique va-t-il mal tourner ?

Nous allons nous référer  aux propos répétés de notre bien-aimé Premier ministre et non moins Président d’un parti patriotique, donc des nôtres (nous les Patriotes avant Pastefiens). Ainsi nous apprenons qu’il y aurait eu une sorte de Bara Yegoo politique scellé du côté du Cap Manuel. Où se trouvaient deux patriotes parmi les tout premiers du Pastef. À savoir (presque) Elhadj Ousmane Sonko et presque Elhadj Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Le contenu du Bara Yegoo est que le mari consenti n’est autre que le premier des deux Elhadj. Mais celui-ci est un Moualil. En Arabe celui qui licite. Parce que dans un cas où le mari, pour avoir trois fois répudié sa femme, ne peut plus se remarier avec elle un deuxième larron doit intervenir pour être le mari après lequel elle redeviendra licite à son ancien mari.

Mais il arrive que, après ce consentement des trois, cette femme (appelons-la Absa et non pas absente) ne veuille plus divorcer avec son mari “liciteur”.

En ce moment-là, le mari consenti bien aimé et choyé est devant un dilemme. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a besoin d’un certain temps pour avaler un peu sa déception. Nous le lui concédons.

Et si le mari liciteur faisait un enfant à la femme jadis à liciter, il (cet enfant) ne peut jamais être illicite. Il est l’enfant bien né d’un couple bien marié.

Le bara est un mot arabe qui est en réalité baada qui signifie après.

Le mari d’après n’a pas souhaité divorcer de sa Absa bien aimée. Il veut bien la garder. L’enfant dont sa femme accouchera en 2029, s’il est un garçon, sera bien un enfant légitime du couple Bassirou-Absa.

Et c’est là que se trouve le problème. Nous autres Sénégalais nous sommes bel et bien bouche bée. Nous sommes devant un dilemme qui peut être qualifié de sarcastique.

Mais de quoi accouchera cette grosse montagne ?

D’un éléphant ? D’une souris ?

Qui vivra verra.

Dr Ahmed Khalifa Niasse


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