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2 ANS JOUR POUR JOUR L’ASCENSION DE DIOMAYE

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Deux ans jour pour jour. Deux années se sont écoulées depuis ce moment qui a profondément marqué l’histoire politique du Sénégal. L’élection de Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays reste, encore aujourd’hui, un scénario que peu d’observateurs auraient osé imaginer.

À l’époque, le contexte était explosif. L’opposant majeur, Ousmane Sonko, figure centrale de la contestation face au pouvoir de Macky Sall, se retrouvait empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Entre procédures judiciaires, tensions politiques et climat social sous haute pression, tout semblait indiquer une élection verrouillée.

Mais c’est précisément dans ce moment d’incertitude qu’un coup de théâtre s’est produit. Depuis sa position contrainte, Sonko opère un choix stratégique inattendu : porter la candidature de son fidèle allié, Bassirou Diomaye Faye. À l’époque, ce dernier, relativement peu connu du grand public, était loin d’être perçu comme un favori. Et pourtant, en quelques semaines, une dynamique populaire s’enclenche.

Porté par l’appareil politique et militant construit autour de Sonko, mais aussi par un profond désir de rupture exprimé par une partie de la population, Diomaye devient le visage d’une alternance possible. Ce transfert de légitimité, inédit dans l’histoire politique récente du pays, transforme une candidature de substitution en véritable vague électorale.

Le résultat est historique. Contre toute attente, Bassirou Diomaye Faye est élu président. Pour beaucoup, cette victoire est autant celle d’un homme que celle d’un projet… et surtout celle d’un autre homme resté dans l’ombre : Ousmane Sonko.

Deux ans plus tard, l’heure n’est plus à l’euphorie mais au bilan.

Car une question s’impose désormais dans le débat public : que reste-t-il de cette alliance fondatrice ? Les signaux observés ces derniers mois laissent entrevoir une évolution notable. Le président Diomaye semble progressivement prendre ses distances avec celui qui l’a porté au sommet de l’État. Dans ses prises de décision, dans son style de gouvernance, et même dans sa communication, une forme d’autonomisation apparaît de plus en plus clairement.

Certains y voient une maturation normale du pouvoir, une nécessité institutionnelle pour asseoir son autorité. D’autres, en revanche, parlent d’un éloignement préoccupant, voire d’un reniement politique.

Deux ans, c’est à la fois court et suffisant pour tracer les premières lignes d’un mandat. C’est le moment de dresser un bilan, lucide et sans complaisance : qu’en est-il des promesses de rupture ? des réformes annoncées ? des attentes suscitées ?

Mais c’est aussi le moment, pour le chef de l’État, de regarder dans son rétroviseur. Se souvenir du chemin parcouru. Se rappeler du contexte exceptionnel qui a rendu possible son accession au pouvoir. Et reconnaître, peut-être, que derrière cette trajectoire hors norme, il y avait une main tendue, un choix stratégique, et une confiance décisive.

L’histoire jugera. Mais une chose est sûre : ce qui ressemblait à un scénario hollywoodien est désormais une réalité politique… dont l’évolution reste, elle aussi, à écrire.


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