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Trop tard pour rester, trop tôt pour partir : le dilemme

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Trop tard pour rester, trop tôt pour partir : le dilemme

Il ne s’agit pas d’une rupture au sens classique du terme. Il ne s’agit pas de rompre un lien naissant, mais de constater qu’une relation politique, autrefois porteuse d’espoir, est devenue ambiguë, fragile, presque étrange. Et face à cette situation se dresse un véritable dilemme.
Le choix est profond : faut-il partir et tracer sa propre voie en attendant l’élection présidentielle de 2029, ou rester et assumer un bilan déjà lourd ? Rester par sens de responsabilité, pour protéger un héritage et une élection qui vous engage personnellement, mais qui engage aussi près de 54 % des Sénégalais.
Pourquoi ce choix est-il si difficile ? Parce que vous avez joué un rôle déterminant dans l’accession au pouvoir de ce président. Ses chances étaient faibles, presque inexistantes. Sans votre engagement, vos consignes de vote et votre travail de terrain, l’issue aurait sans doute été toute autre. Grâce à votre implication, les Sénégalais ont accordé leur confiance — une confiance que l’on pourrait qualifier de confiance par procuration.
Aujourd’hui, le doute s’installe. Vous comme beaucoup de Sénégalais avez peut-être été séduits par une image, des qualités humaines affichées, des promesses fortes.
Vous évoquez une « cohabitation douce ». Mais une cohabitation est rarement douce. Elle est, par nature, exigeante et conflictuelle — surtout lorsque les conseils sont ignorés ou que les divergences s’expriment publiquement.
Dès lors, faut-il rester au sein du gouvernement et partager les échecs, les manquements et les décisions en contradiction avec les engagements pris ? Faut-il demeurer en place pour préserver certains acquis, au risque d’être associé à ce qui déçoit ?
Certes, partir pourrait donner le sentiment que le système l’emporte, que les sacrifices consentis n’ont servi à rien. Mais aucune situation n’est éternelle. Même si le changement est différé, 2029 approche. Le climat social est tendu, les paradoxes s’accumulent, et certains vous imputent, à tort, les blocages de l’État.
Alors la question demeure : faut-il continuer à protéger quelqu’un qui ne semble plus vouloir se protéger lui-même du système ? Peut-être est-il temps de préparer les échéances locales, puis la présidentielle, et de démontrer qu’une autre voie est possible — y compris depuis l’Assemblée nationale.
L’invitation des députés de Pastef au palais n’était d’ailleurs pas anodine. Ces élus ne sont pas seulement des parlementaires ; ils sont les députés de Ousmane Sonko. Comment organiser une rencontre avec les représentants d’un parti lorsque son leader marque sa désapprobation ?
Autant d’éléments qui nourrissent la réflexion. Car, au-delà des stratégies et des calculs, une constante demeure : l’histoire, comme les religions révélées, rappellent qu’on ne peut durablement prospérer dans la duplicité. La loyauté envers les principes et envers le peuple reste, en définitive, le véritable juge.

PMD


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